Suspendre l’activité


Le film, inspiré par les attentats contre le World Trade Center à New-York en 2001,  a été tourné en studio dans un décor de bureau ou de vitrine de magasin. Le décor de cette chorégraphie trébuchante et désaccordée est volontairement sommaire et non réaliste.  Le cadrage du film assume ce côté bricolage (la peinture du sol n’est pas finie, les murs sont en cartons…). Les performers incarnent un petit groupe de cadres d’entreprises qui sous le coup d’une catastrophe imminente perdent tous leurs repères (spatiaux, sociaux et comportementaux). L’action ne cesse pas de vouloir commencer: quelque chose semble perturber la vie de ces cadres et rend tout vrai rapport impossible.

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L’espace ici, figure une sorte d’inconscient de la vie de bureau, l’envers d’un décor, un arrière monde de l’économie globale. Les corps semblent y incarner contre leur gré cette violence de la séparation diagnostiquée par Guy Debord comme l’un des symptômes de la société spectaculaire marchande. Les comédiens, leur déplacement et leur mode d’être dans cet espace labyrinthique rendent visible une sorte de crise de l’espace–temps et d’impossibilité de rapports coïncidant. C’est l’une des conséquences de cette menace invisible ou de cette catastrophe improbable qui affectent les corps au point de suspendre leur activité.

 

Images : Gérard Sergent

Photographe: Hugo Hébrard

Les comédiens : Akemi Yamauchi, Katia Grange, Thiérry Delhomme, Clémentine Hébrard